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Compte financé : tenir un journal de trading qui suit les règles du challenge

Un compte de prop firm, en évaluation comme une fois financé, ne se juge pas sur son seul résultat. Il vit sous un règlement qui fixe un objectif à atteindre, une perte à ne jamais dépasser dans la journée et un plancher en dessous duquel le compte est clos. Ce qui compte chaque soir n’est […]

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Marc Levebvre
17 septembre 2026 · 6 min de lecture
Trader analysant la gestion du risque sur un compte de prop firm

Un compte de prop firm, en évaluation comme une fois financé, ne se juge pas sur son seul résultat. Il vit sous un règlement qui fixe un objectif à atteindre, une perte à ne jamais dépasser dans la journée et un plancher en dessous duquel le compte est clos. Ce qui compte chaque soir n’est donc pas le gain cumulé, c’est la distance qui sépare le compte de chacune de ces limites. La plupart des méthodes de suivi, du carnet au tableur en passant par l’historique de la plateforme, enregistrent pourtant des opérations et un solde, comme sur un compte personnel, et ne disent rien de cette distance jusqu’au jour où une règle est franchie.

Suivre un compte financé revient à tenir deux registres en un : celui des opérations, et celui de la position du compte face à son règlement. Un tableur bien construit suffit à appliquer la méthode décrite ici. Un outil dédié comme Tradoshi, journal de trading gratuit, a pour intérêt d’appliquer les conventions de décompte des sociétés de financement, une clôture pour une opération et une perte du jour mesurée en net, ce qui rapproche le suivi personnel du décompte officiel.

Ce que le règlement impose, et que le relevé ne montre pas

Le premier élément à suivre est la phase. Selon les sociétés, l’évaluation se déroule en une, deux ou parfois trois étapes, quand elle n’est pas remplacée par un accès direct au compte financé, et chaque étape a ses propres paramètres : un objectif de profit, qui disparaît en général une fois le compte financé, une perte journalière maximale, une perte maximale sur toute la durée du compte, parfois un nombre minimal de jours de trading, une durée limite ou une règle de régularité qui plafonne la part d’une seule séance dans le gain total. Un même trader peut ainsi tenir en parallèle deux comptes soumis à des règlements différents, chez la même société.

La perte journalière maximale pose une difficulté que l’historique d’une plateforme ne résout pas : sa base de calcul. Certaines sociétés la mesurent à partir du solde initial du compte, d’autres à partir du solde ou des capitaux propres constatés à l’heure où la journée est remise à zéro, heure fixée par la société et non par le fuseau du trader. Les pertes latentes des positions encore ouvertes entrent le plus souvent dans le calcul, de même que les commissions et les frais de financement. Un trader qui additionne ses seules pertes réalisées, à l’heure de son propre fuseau, peut se croire loin de la limite alors que le compte l’a déjà atteinte.

La perte maximale obéit à une autre logique, et c’est elle qui surprend le plus. Un plancher statique reste fixé à partir du solde de départ. Un plancher suiveur monte avec le plus haut niveau atteint par le compte, soit en continu sur les capitaux propres, soit une fois par jour sur le solde de clôture, et cesse parfois de monter lorsqu’il rejoint le capital initial. Avec un plancher suiveur, une journée gagnante n’élargit pas la marge, puisque le plancher monte d’autant. Lorsqu’il suit les capitaux propres en continu, un gain latent rendu avant la clôture la réduit même, ce qu’aucun relevé de compte ne signale.

Structurer le suivi en trois niveaux

La fiche du compte

Elle se rédige une fois par phase, à partir du règlement lui-même : taille du compte, phase en cours, objectif, perte journalière et sa base de calcul, perte maximale et son type, heure de remise à zéro, nombre minimal de jours, règles particulières sur les annonces économiques ou la conservation des positions le week-end. La recopier dans les termes exacts du règlement, avec la date de lecture, évite de trader sur le souvenir d’une règle qui a changé entre deux évaluations.

Le point de la journée

Avant la première opération, deux niveaux se calculent à partir de la fiche : le seuil de perte journalière, c’est-à-dire le solde de référence de la journée diminué de la limite, et le plancher de perte maximale, recalculé si le compte a atteint un nouveau plus haut la veille. Il en sort deux marges, celle du jour et celle du compte, et la plus petite des deux est la seule limite réelle de la séance. Par exemple, sur un compte de 100 000 dollars dont la perte journalière est fixée à 5 % du solde de début de journée, une séance ouverte à 102 000 dollars autorise une perte de 5 100 dollars. Si le plancher suiveur se trouve à 98 000 dollars, parce que le compte a touché 104 000 dollars la veille avant de redescendre, la marge réelle n’est plus que de 4 000 dollars, et c’est ce chiffre qui doit guider la taille des positions. En fin de séance, le point se complète avec le solde de clôture, le plus haut atteint, la progression vers l’objectif et le nombre de jours validés.

La ligne de chaque opération

Aux champs habituels d’un journal, instrument, sens, taille, prix d’entrée, niveau d’invalidation, prix de sortie et frais, le compte financé en ajoute deux. Le premier exprime le risque de l’opération en part de la marge du jour plutôt qu’en part du capital : une perte de 1 % du capital n’a pas le même poids quand il reste 5 % de marge que lorsqu’il en reste 1,5 %. Le second note la marge restante une fois l’opération close. Pour que ces chiffres coïncident avec ceux de la société, chaque clôture se compte comme une opération, frais déduits, exactement comme elle les compte.

Savoir quelle règle a mis fin à une évaluation

Quand une évaluation échoue, la notification de la société nomme une règle, rarement le chemin qui y a mené. Le journal doit permettre de le reconstituer : quelle règle a été franchie, perte journalière, perte maximale, régularité, durée ou interdiction, à quelle heure, à quel niveau, et après quelle suite d’opérations. Trois scénarios se distinguent et appellent des réponses différentes : une seule opération trop grosse pour la marge du jour, une accumulation de petites pertes après une première perte, et un plancher suiveur remonté par une bonne journée sans que la taille des positions ait été réduite. Il faut aussi séparer une limite franchie sur une perte réalisée d’une limite atteinte par une perte latente, sur une position encore ouverte.

Cette ligne change la tentative suivante. Un échec sur la perte journalière conduit à plafonner le nombre d’opérations ou la taille après une perte. Un échec sur un plancher suiveur conduit à réduire l’exposition après chaque nouveau plus haut. Un échec sur une règle de régularité conduit à étaler les gains plutôt qu’à les concentrer sur une séance. Sans cette trace, chaque évaluation repart de zéro, et la même règle a toutes les chances de clore la suivante.

Tenu de cette façon, le suivi se lit en trois temps : la fiche fixe le cadre, le point de la journée dit où en est le compte, et la ligne d’opération dit comment il y est arrivé. Il demande quelques minutes par séance, et sa valeur apparaît au terme de chaque évaluation, qu’elle soit réussie ou non.

Rédigé par
Marc Levebvre
Marc Levebvre
Ancien trader propriétaire (FTMO, MyForexFunds 2018-2023). Analyste indépendant marchés forex et indices. Certifié CFA Niveau II. Collaborateur expert pour la validation éditoriale de prop-firm-trading.fr…
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